J’ai fait d’une première femme ma Déesse. Elle m’a rejetée à la naissance, puis m’a aimée de près, puis aimée sous conditions, puis m’a aimée de loin. Une Déesse mystérieuse et inaccessible. Une Déesse bouleversée et tourmentée…

J’ai fait d’une autre femme ma Déesse, elle était assistée de plusieurs autres mains… Elle m’aimait, je l’aimais, mais se transformait trop souvent en humaine…

J’ai par la suite fait de mes habitudes mes divinités de culte. Ils sont très puissants et fidèles, à condition d’y être très attachée, très encrée…aucun écart n’est toléré… 

J’ai après fait de mon appartenance sociale mon Dieu…un Dieu pas assez authentique, un Dieu un peu trop laxiste…

Ma Mère m’a proposé son Dieu…

J’ai ensuite fait de mes performances personnelles mon Dieu. Que c’est facile de performer lorsque les règles du jeu sont maîtrisées…que c’est fatiguant d’apprendre encore et encore de nouvelles règles à chaque étape franchie…sans parler de ces alliés à se faire, et de ces ennemis qu’on se fait…

J’ai fait d’un premier homme mon Dieu, il ne m’a pas accordé le temps de grandir, aucun droit à la progression…depuis quand un Dieu s’impatiente-t’il ?

Confusion, chaos, fatigue, chute…lévitation…mode automatique…

J’ai fait d’un deuxième homme mon Dieu, il l’a compris sans me comprendre. Il s’est positionné. Il a surjoué. Il a surperformé…Puis comme à s’y attendre il s’est lassé,  s’est fatigué, …et a eu des envies d’ailleurs…Un Dieu infidèle. Rires.

Recherche, ténèbres, ombres, lumière…

J’ai refait du Dieu de ma Mère mon Dieu…il a déjà tout accompli, moi j’ai encore tout à accomplir et à construire…

Errance, attente…patience…impatience 

Puis j’ai rencontré un homme qui m’a fait connaître son Dieu…une fonction croissante et positive sur un ensemble de définition infini peut être aussi bornée….

Errance…attentes…illusions et désillusions.

Puis j’ai fait de ma propre personne mon propre Dieu, une tentative nécessaire,  un passage obligé. Les Dieux meurent et ressuscitent car c’est là-même le secret de leur éternité, de leur puissance et de leur omniscience….mourir et ressusciter, mourir pour renaître de nouveau, encore et encore, pour inspirer et donner courage aux nécessiteux…flemme de mourir et de ressusciter, pour mourir à nouveau pour peut-être encore ressusciter…flemme…

J’ai alors décidé d’accepter ma condition humaine. J’ai accepté d’apprendre à être une humaine équilibrée. De sexe féminin. Faisant des trucs d’humains de mon âge. Acceptant les réalités de l’humanité. Que c’est inconfortable de ressentir toutes ces émotions, tellement cérébrale de comprendre tous ces besoins, de les prioriser pour les assouvir, de grader le contrôle pour ne pas en être la proie. Toutes ces envies. Toutes ces pulsions…la peur, la vulnérabilité, la dépendance, l’interdépendance, l’impuissance apprise. Le rejet. L’abandon, l’injustice…dissonance cognitive, l’orgueil de soi, l’orgueil de l’autre. La pression sociale. La liberté. L’amour. L’espoir. La déception. La souveraineté. L’action. L’attente. Le silence. La position sociale. L’argent. La preuve sociale. La parole. Le silence. La foi. Mes valeurs, ses valeurs. Le temps qui passe et qui ne revient pas. L’acception de ce qui est. La mort.

Qu’elle belle sérénité lorsqu’on découvre et accepte qui l’on est vraiment, et que l’on décide en pleine conscience de le parfaire…

Sans éducation l’humain est un échec, un danger pour lui-même et pour l’humanité.

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